Relogement : Sans commentaires

Quelques mots quand même 🙂 Lire la suite de « Relogement : Sans commentaires »

Relogement : Conseils et Espoirs

S’accrocher à la vie pour ne pas sombrer avec un immeuble en fin de vie
Fermer les yeux et taire des émotions lancinantes, les étouffer dès l’origine.
Fuir ses propres pensées. Ne surtout jamais laisser la peur ouverte.
Fuir les étages d’une allée aux portes glacées et blindés. S’enfermer en soi.
Bercer ou berner son monde d’illusions. Ne plus voir que l’espoir.
Le laisser inonder l’atmosphère pesante,
Éclairer les ombres terrifiantes d’un défunt quartier.
Ouvrir un courrier qui rappelle qu’au bout de 3, il n’y a plus de choix.
Mais fuir et rire chaque jour vers l’avant. Se barricader d’optimisme.
Toutes les lumières finiront par s’éteindre, mais l’hiver touche à sa fin.

Quand le logement devient source d’instabilité et de colère

La colère : un incendie à éteindre


« La colère est très mauvaise conseillère », pourtant chacun de nous a déjà agi sous son effet et alors toutes les contrariétés, toutes les injustices du quotidien deviennent des prétextes qui s’accumulent et déferlent avec l’effusion d’une rage trop longtemps contenue.

En période de crise, la raison n’a plus vraiment sa place. Ces 3 dernières semaines ont été pour moi cataclysmique et j’ai vraiment ressenti une haine qui sort des tripes avec une envie de tout démolir.

Au vu de la gravité du danger auquel nous avons été exposés, j’aurais aimé que les responsables de notre intoxication au monoxyde de carbone passent devant le juge, en comparution immédiate. Mais ce n’est jamais comme cela que ça se passe et il faut apprendre à vivre avec ce (res)sentiment d’injustice.

L’écriture spontanée est pour moi une véritable thérapie et une source d’équilibre et d’accalmie. Elle a été une perche de secours et m’a permis de m’accrocher durant cette période extrêmement houleuse. Les lignes, ci-dessous décriront la turbulence que nous avons traversé.

Lire la suite de « Quand le logement devient source d’instabilité et de colère »

La violence du relogement


C’est la seule insécurité que je subis aujourd’hui dans mon quartier. Récemment une personne que j’apprécie mais qui ne vit pas le délogement m’a dit « On ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs » et « parfois pour l’intérêt commun il faut accepter les sacrifices ». Je lui ai répondu consternée : « mais là les oeufs c’est nous ! » et elle a répliqué « et bien oui ».

Sauf que, nous ne sommes pas des oeufs et encore moins une omelette et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous sacrifier pour un hypothétique intérêt commun. La fin ne justifie pas les moyens surtout quand les moyens employés à mon égard sont violents. Et puis je ne vois pas de quel intérêt commun on parle. Créer de la mixité sociale ? Bien.

Pourquoi ce ne sont jamais les populations les plus riches qu’on déplace !?

Pourquoi engage-t-on des frais énormes de communication (édulcorée) pour attirer les nouveaux arrivants et pourquoi pour nous faire partir on ne fournit pas autant d’efforts ni dans la forme ni dans le fond !?

Pourquoi se sent-on chassés, indésirables quand d’autres sont convoités et attirés !?

Pourquoi ça fait des mois que nous demandons en vain de visiter des appartements neufs ou récents alors qu’on organise des visites tous les jeudis après midi pour des balades dans le quartier !?

Pourquoi est-ce liberticide d’imposer aux nouveaux arrivants de mettre leurs enfants dans nos écoles : seule façon d’espérer une vraie mixité, et pourquoi nous impose-t-on de quitter nos logements !?

Pourquoi a-t-on déjà prévu (par exemple) une résidence CROUS pour les futurs étudiants et pourquoi nous annonce-t- on soudainement qu’on va être relogés sans que quasiment rien de neuf, ni de récent ne soit prévu pour nous !?

La liste de questions indignées pourrait être encore longue … Je trouve que c’est un trop gros sacrifice pour une hypothétique mixité sociale, encore plus pour une méthode qui 13 ans après le début du plan de renouvellement urbain (la phase 1) est loin d’avoir fait ses preuves … « Rénovation urbaine : arrêtez le massacre ! » (Article écrit par l’architecte-urbaniste en chef de l’Etat).

Nous ne sommes pas des meubles, ni du bétail … J’avais des projets, des rêves avant cette annonce de démolition. J’étais en train de créer mon entreprise de pâtisserie fine orientale. A la place j’ai mis ma vie en pause et beaucoup de mon temps et de mon énergie à la création d’un collectif « L’espoir des 500 ».

Ce collectif est né et a été reconnu : « un travail de co-construction associant les partenaires du relogement et les collectifs de locataires a été validé très récemment par l’état, les services de la métropole, et les bailleurs. Cette co-contruction permettra de décliner les principes de la charte du relogement dans le cadre de l’opération de relogement des immeubles 520 530 … »

Sauf que, pendant que toute l’assemblée aura son temps de vie indemnisé et bien nous nous devrons nous battre et négocier, réécrire une charte qui cette fois s’appellera protocole pour 0 € de l’heure et un temps de vie précieux perdu, alors que nous n’avons rien demandé … Pourquoi !? Leurs vies ont-elles plus de valeurs que les notres ?

Notre collectif « L’espoir des 500 » ne servira pas à conforter un travail de concertation sur papier uniquement. Nous subissons un préjudice et il doit être pris en considération.

Je tiens à préciser que certains locataires souhaitaient partir pour diverses raisons comme le surpeulement, le vieillissement du quartier et de certains logements … Mais que beaucoup ne souhaitaient pas déménager et ont engagé des travaux et des frais considérables. Si nous avions été au courant plus tôt, jamais nous n’aurions mis ces sommes ni cette énergie pour rien.

Pour finir et tout compte fait, je reste dans ce blog (je m’y sens mieux) pour parler aussi de ce relogement qui occupe une trop grande partie de mes pensées et donc de ma vie. Seuls les aspects techniques de l’organisation de notre collectif déménageront ici.


Relogement : mon diagnostic personnalisé

Je ne critique pas Grand Lyon Habitat dans sa globalité, je les préfère même à d’autres bailleurs et à certaines régies privées, mais je me dis qu’ils ne se rendent peut être pas compte de ce que le relogement suscite chez un relogé, car moi-même je ne le savais pas avant de le vivre.
J’ai été un peu agacée par cette idée d’un premier diagnostic et par la formulation rapide de 3 souhaits … Alors quand j’ai reçu la grande enveloppe qui contenait mon dossier de relogement je l’ai ouverte et mise de côté.
Mais même si je ne voulais pas y penser dans l’immédiat mes voisines me le rappelaient tous les jours : « t’as vu les consultantes ?» ce à quoi je répondais «non j’ai pas encore appelé » … Et puis le 27 octobre j’ai reçu un courrier m’avertissant que l’une d’elle était venue chez moi, mais je n’y étais pas (on ne m’avait pas prévenue avant). Une semaine plus tard je venais de récupérer mon enfant à l’école et j’étais en bas de mon allée lorsqu’une dame en est sortie et la voisine avec qui je discutais m’a dit : « C’est elle la consultante ! » Alors je l’ai interpellée et elle m’a dit : « Ah ! c’est vous Mme … Je descends justement de chez vous » je lui ai alors répondu d’un air agacé « et bien non je n’y étais pas puisque j’ai été chercher mon fils à l’école» …
Bref, j’ai compris qu’il fallait que j’appelle pour me faire diagnostiquer. Dans un élan de courage et de lucidité, j’ai envoyé un mail à la consultante d’Apertise Conseil; celle que j’avais rencontré lors de la réunion « les investis de Chicag» oups de «l’Alizé» » . Je lui ai écrit que comme elle m’inspirait plutôt confiance j’aimerais avoir affaire à elle. Elle me rappela le jour même mais nous convînmes d’un rendez-vous avec une de ses collègues.
Elle m’a rappelée que GLH avait des impératifs à respecter, je lui ai alors répondu que moi aussi j’avais des impératifs et que nos vies étaient tout aussi importantes. Je lui ai dit que mon but n’était pas de me révolter ou de créer des problèmes, mais tout simplement de protéger ma famille. Elle a tenté de me rassurer mais cette fois ci ça n’a pas vraiment été le cas.
Ils nous ont annoncé hier qu’ils allaient détruire nos logements et aujourd’hui je dois déjà formuler un choix. Je ne ferai pas les choses dans la précipitation. NOS VIES ONT AUTANT DE VALEUR QUE CELLES DE N’IMPORTE QUI D’AUTRES !
Et puis je ne sais pas encore ce que je veux. Et ma situation sociale n’est pas définitive. Je souhaite élever mon niveau de vie, afin d’offrir une vie meilleure à mes enfants. C’est vrai ! Pourquoi devrais-je à nouveau déménager dans un vieil immeuble ? Quel intérêt ai-je à emménager à nouveau dans du vieux ? Tous ces éco-immeubles flambants neufs construits sous nos yeux dans des chantiers bruyants me donnent envie et j’aimerais pouvoir y vivre aussi … Malheureusement aujourd’hui mes revenus ne me le permettent pas, alors je dois absolument œuvrer pour améliorer nos vies et pour ça je dois me former et trouver un travail.