Relogement : Quand tout s’effondre

Le beau temps est là 🙂 et même si c’est assez inquiétant parce que le changement de température s’est fait très brutalement, il réchauffe aussi les logements des 520-530 de la Sauvegarde abandonnée. Sortir des 15° habituel c’est aussi sortir de l’hibernation imposée. Je n’ai plus beaucoup écrit, j’ai préféré garder mon froid chez moi. Mais je n’oublierai jamais avoir été traités en « sous-espèce » de l’humanité. Les mots sont forts mais vrais. Pourtant il faut avancer.

Et puis j’ai envie d’être plus optimiste dans mes écrits. L’écriture est certes un exutoire mais on peut le faire aussi dans un journal personnel.

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Relogement : Sans commentaires

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Relogement : Une chenille dans son confort

Si ce n’est pas l’usure qui est visée, ça y ressemble fort …
Bientôt seule mais je m’en sors, telle une chenille dans son confort.
Mais quel serait mon crime ? Ma liberté de parler ou d’écrire ? Lire la suite de « Relogement : Une chenille dans son confort »

Relogement : Conseils et Espoirs

S’accrocher à la vie pour ne pas sombrer avec un immeuble en fin de vie
Fermer les yeux et taire des émotions lancinantes, les étouffer dès l’origine.
Fuir ses propres pensées. Ne surtout jamais laisser la peur ouverte.
Fuir les étages d’une allée aux portes glacées et blindés. S’enfermer en soi.
Bercer ou berner son monde d’illusions. Ne plus voir que l’espoir.
Le laisser inonder l’atmosphère pesante,
Éclairer les ombres terrifiantes d’un défunt quartier.
Ouvrir un courrier qui rappelle qu’au bout de 3, il n’y a plus de choix.
Mais fuir et rire chaque jour vers l’avant. Se barricader d’optimisme.
Toutes les lumières finiront par s’éteindre, mais l’hiver touche à sa fin.

Quand le logement devient source d’instabilité et de colère

La colère : un incendie à éteindre


« La colère est très mauvaise conseillère », pourtant chacun de nous a déjà agi sous son effet et alors toutes les contrariétés, toutes les injustices du quotidien deviennent des prétextes qui s’accumulent et déferlent avec l’effusion d’une rage trop longtemps contenue.

En période de crise, la raison n’a plus vraiment sa place. Ces 3 dernières semaines ont été pour moi cataclysmique et j’ai vraiment ressenti une haine qui sort des tripes avec une envie de tout démolir.

Au vu de la gravité du danger auquel nous avons été exposés, j’aurais aimé que les responsables de notre intoxication au monoxyde de carbone passent devant le juge, en comparution immédiate. Mais ce n’est jamais comme cela que ça se passe et il faut apprendre à vivre avec ce (res)sentiment d’injustice.

L’écriture spontanée est pour moi une véritable thérapie et une source d’équilibre et d’accalmie. Elle a été une perche de secours et m’a permis de m’accrocher durant cette période extrêmement houleuse. Les lignes, ci-dessous décriront la turbulence que nous avons traversé.

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L’ Alizé de la Duchère …

Voici le témoignage de Meryem, une habitante de la Duchère. Une histoire qui rappelle que c’est avant tout l’humain qui fait la richesse et la beauté d’un quartier …

Je m’appelle Meryem, j’habite la Duchère depuis plus de 35 ans. J’y ai grandi et vu le changement. J’ai fait une demande de logement, il y a plus de 6 ans mais aucune proposition ne m’a plu. Dernièrement, l’une d’elle m’avait pourtant intéressée. Elle se trouvait à Lyon 7ème. J’étais contente mais après réflexion, je me suis rendue compte de la chance que j’avais d’habiter ici, de la proximité des magasins, de la facilité pour se déplacer ( métro, TCL, voiture), des nombreux espaces verts … Et très récemment, j’ai été émerveillée par la convivialité et le partage. Alors que j’étais en pleine réflexion pour quitter le quartier, j’ai pu assister à ce qu’on appelle : « la magie du quartier ». Une maman*(ma voisine) a envoyé un drap, des cuillères, des gobelets, de la boisson et puis, l’essentiel : un immense plat de couscous. Les enfants se sont régalés et puis ont tout nettoyé. Et le lendemain ça a inspiré à mon fils et ses amis de cotiser 5€ chacun et de se réunir de nouveau pour un pique-nique au même endroit. J’ai trouvé l’idée géniale et généreuse. Ça a donné de la beauté à ce vieux bâtiment que l’on surnomme encore « Chicago » à cause de vieux clichés. Il est rebaptisé aujourd’hui l’Alizé. Et j’espère que ce lieu continuera a bien porter ce nom. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je n’ai plus envie de quitter mon quartier !

* Dans les quartiers populaires, il est naturel de partager ou d’offrir sa nourriture, des plats, sans raisons particulières, sinon pour faire plaisir, parfois par aumône ou bienveillance … 

 

Relogement : Après l’espoir, la désillusion puis la résignation …

Voilà bientôt 2 ans que l’annonce de démolition a été faite et pour moi, toujours pas de déménagement en vue. Et aujourd’hui, une immense déception …

En septembre 2015, nous apprenions que nos 2 bâtiments 520 et 530 à la Sauvegarde allaient être démolis. J’avais emménager seulement depuis quelques mois, avais tout repeins, monter mes meubles sauf ma chambre. Puisque nous allions être relogés, j’ai pensé qu’il vallait mieux qu’elle reste emballée. J’ai donc dormi pendant presque 2 années sur un minuscule canapé parce que j’allais déménager prochainement …

Aujourd’hui, à mon grand désarroi, je viens d’apprendre que le logement que j’ai visité et accepté en Novembre 2016 nous a été refusé pour une raison que je considère terriblement injuste et injustifiée. Je ne la détaillerai pas ici.

J’ai donc pris des résolutions :

  • Je ne donnerai plus une minute de mon temps pour un quartier (pas les habitants) qui me rejette après tant d’heures de vie et d’énergie généreusement offertes.
  • Je monte ma chambre et nettoie mes balcons laissé à l’abandon et aux pigeons puisque j’allais partir incessamment …
  • Je ne veux plus entendre parler de relogement, ni de réunions, ni de bénévolat …
  • Je ne souhaite plus visiter de logement pendant au moins 6 mois. J’ai besoin de me poser dans ma tête.
  • Je ne m’identifie plus à un quartier, ni à une cité ni à un lieu. Je suis Française, Algérienne et Citoyenne du monde et quand ma condition sociale me le permettra, s’il faut partir je le ferai sans aucun regrets. C’est moi qui l’aura choisi et ce sera pour évoluer dans ma vie inchallah.

J’ai compris durant tous ces mois «d’investissement» que les seuls vrais problèmes des habitants des quartiers populaires étaient la pauvreté, le manque de formation et le chômage. L’argent ne fait pas le bonheur mais il évite bien des problèmes …


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Les 500 !

Relogement : chacun attend (im)patiemment son tour …

Etre relogé c’est : se faire déménager


Depuis l’annonce de la démolition, en septembre 2015, les bâtiments 520 et 530 de la Sauvegarde se vident régulièrement. Lentement mais sûrement. Depuis quelques mois, j’évite le sujet et essaie de ne plus y penser. Pourtant il le faut, nous devrons partir, bientôt. Où ? Je n’en ai absolument aucune idée.

Une partie de moi a de plus en plus envie de quitter ce quartier, alors qu’une autre et mes enfants souhaitent y rester. Alors je ne sais pas. Mon amie et voisine m’a dit il y a quelques jours : « J’en peux plus, j’ai envie de partir, je n’ose plus rien acheter pour la maison, plus rien bricoler chez moi ». Elle attend impatiemment une proposition . Etre relogé c’est mettre sa vie en pause. C’est un sentiment très souvent partagé. « On t’a proposé quelque chose ? » c’est la question qui revient toujours en premier lorsque l’on se croise.


La rénovation urbaine c’est aussi un changement d’identité


J’ai entendu dire que la Duchère allait changer de nom comme cela a été fait pour la barre communément appelée : « Chicag » et rebaptisée (officiellement) l’Alizé. Je pense et j’espère que ce n’est qu’une rumeur. Les rumeurs, les on dits, les non-dits sont nombreux et peu rassurants. J’essaie de ne plus y prêter attention.

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La métamorphose et les travaux sur la Duchère se poursuivent soulevant au passage des masses de questions et d’inquiétudes. Parmi lesquelles : La rénovation profitera-t elle réellement aux anciens habitants ? Diminuer le nombre de logements sociaux ne va-t-il pas entraîner une hausse des prix, significative pour les plus pauvres ? Sommes-nous devenus aujourd’hui des « indésirables » au sein de notre propre quartier ? Comment cette nouvelle identité est-elle perçue par les jeunes et les adolescents en construction ?  Notre quartier était jusqu’alors un endroit où l’on se sentait chez nous, ce qui compensait le sentiment d’exclusion que l’on pouvait ressentir ailleurs.

Notre parole, nos ressentis doivent être écoutés, pris en considération, sans tabous ni condescendance et surtout agis en conséquence. L’objectif principal étant que nous soyons mieux logés après le relogement et la rénovation. Sinon, pourquoi déménager ?

Un automne ensemble ♥

Je n’écris plus beaucoup parce que très occupée avec notre nouvelle association ELAN JEUNE, et notre premier événement :

UN AUTOMNE ENSEMBLE

L’événement est prévu samedi 15 octobre à partir de 12h au Parc du Vallon de la Duchère, sur l’entrée haute, côté Avenue Rosa Parks. Je précise que s’il pleut la fête aura lieu quand même. A la salle des fêtes et des familles, pas loin du vallon et juste à côté du centre social Sauvegarde (avenue Rosa Parks).

Il y en aura pour tous les âges et tous les goûts avec des stands de :

  • Barbe à papa
  • Grillades sur plancha
  • Gaufres, boissons …
  • Des animations pour les petits, et une ambiance DJ pour tous

 

Un nouvel élan …

Nos priorités et besoins ne seront jamais mieux définis que par nous-même

Aujourd’hui, je regardais la petite maison dans la prairie et l’état de santé de Lars Hanson était en ruine. A l’image du village qu’il avait construit jadis avec une telle passion. Il dit d’une voix chancelante à son ami le Dr Becker : « C’est sa population qui fait un village, pas les maisons ». Cette phrase est tellement vraie et quelle que soit l’époque où le contexte …

Récemment, j’étais chez le dentiste et me tordais de douleur sous ses instruments. Mais il insistait et continuait son travail en me disant : « mais non tu n’as pas mal c’est impossible je le verrai sur mon appareil ! ». Il travaillait et regardait ma dent sur son écran. Il était convaincu que j’en faisais trop alors que moi j’avais vraiment mal. C’était comme si sa machine était plus en lien avec ma douleur que mon nerf lui-même !

Ça m’a fait penser à tous ces gens instruits qui croient nous connaître et connaître les solutions à nos problèmes mieux que nous-même. Ces personnes sont souvent bienveillantes et pleines de bonne volonté mais si j’essayais de régler leurs difficultés je m’y prendrait aussi mal qu’elles s’y prennent pour régler les miennes. N’étant pas issus du même milieu socio culturel, nos préoccupations et priorités de vie ne sont inéluctablement pas les mêmes.

J’aimerais que dans nos quartiers, on nous fasse enfin confiance. Que l’on nous aide, que l’on soit associés, que l’on fasse les choses ensemble, oui. Mais en nous donnant les outils pour nous sortir par nous-même des galères liées à nos conditions de vie, pas en pensant les solutions à notre place. « Ce qui est fait pour nous sans nous est fait contre nous » – Nelson Mandela.

C’est de ces sentiments très souvent partagés par mes amis et « semblables » qu’est né il y a quelques mois, le collectif  : « Elan Jeune ». Une association pour les habitants, par des habitants.

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https://elanjeune.wordpress.com