Relogement : Conseils et Espoirs

S’accrocher à la vie pour ne pas sombrer avec un immeuble en fin de vie
Fermer les yeux et taire des émotions lancinantes, les étouffer dès l’origine.
Fuir ses propres pensées. Ne surtout jamais laisser la peur ouverte.
Fuir les étages d’une allée aux portes glacées et blindés. S’enfermer en soi.
Bercer ou berner son monde d’illusions. Ne plus voir que l’espoir.
Le laisser inonder l’atmosphère pesante,
Éclairer les ombres terrifiantes d’un défunt quartier.
Ouvrir un courrier qui rappelle qu’au bout de 3, il n’y a plus de choix.
Mais fuir et rire chaque jour vers l’avant. Se barricader d’optimisme.
Toutes les lumières finiront par s’éteindre, mais l’hiver touche à sa fin.

Nos barres, c’étaient nos vies


Bien sûr qu’on s’attache à nos barres ! Même si ce n’est que du béton. Elles contiennent tous nos souvenirs de vie. Toute cette mémoire qui s’écroule en un instant, dans un fracas violent et après une longue agonie.

Nos yeux s’inondent de larmes chaque fois que l’une d’elles s’effondre. Et on reste face à un vide et à un sentiment d’impuissance. On se dit, qu’à jamais c’est fini, que quelque chose de nouveau va remplacer cet endroit qu’on chérissait malgré tout ce qu’on en disait.

Et dans leur dernier souffle, tandis que leur âme de poussière s’élève au ciel, nos inquiétudes se soulèvent et un tas de questions s’amoncellent … Sans réponses. Avec le sentiment que finalement on ne contrôle rien. Que rien ne nous appartient, pas même nos imposantes barres autrefois fièrement dressées sur la colline devenue orpheline et témoin de cette histoire qu’elle a vu naître, vieillir et puis mourir …