L’ Alizé de la Duchère …

Voici le témoignage de Meryem, une habitante de la Duchère. Une histoire qui rappelle que c’est avant tout l’humain qui fait la richesse et la beauté d’un quartier …

Je m’appelle Meryem, j’habite la Duchère depuis plus de 35 ans. J’y ai grandi et vu le changement. J’ai fait une demande de logement, il y a plus de 6 ans mais aucune proposition ne m’a plu. Dernièrement, l’une d’elle m’avait pourtant intéressée. Elle se trouvait à Lyon 7ème. J’étais contente mais après réflexion, je me suis rendue compte de la chance que j’avais d’habiter ici, de la proximité des magasins, de la facilité pour se déplacer ( métro, TCL, voiture), des nombreux espaces verts … Et très récemment, j’ai été émerveillée par la convivialité et le partage. Alors que j’étais en pleine réflexion pour quitter le quartier, j’ai pu assister à ce qu’on appelle : « la magie du quartier ». Une maman*(ma voisine) a envoyé un drap, des cuillères, des gobelets, de la boisson et puis, l’essentiel : un immense plat de couscous. Les enfants se sont régalés et puis ont tout nettoyé. Et le lendemain ça a inspiré à mon fils et ses amis de cotiser 5€ chacun et de se réunir de nouveau pour un pique-nique au même endroit. J’ai trouvé l’idée géniale et généreuse. Ça a donné de la beauté à ce vieux bâtiment que l’on surnomme encore « Chicago » à cause de vieux clichés. Il est rebaptisé aujourd’hui l’Alizé. Et j’espère que ce lieu continuera a bien porter ce nom. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je n’ai plus envie de quitter mon quartier !

* Dans les quartiers populaires, il est naturel de partager ou d’offrir sa nourriture, des plats, sans raisons particulières, sinon pour faire plaisir, parfois par aumône ou bienveillance … 

 

Chicag restera toujours Chicag …


Cette année j’ai décidé de beaucoup plus m’investir dans la vie scolaire de mes enfants en étant déléguée de parents d’élèves. Je souhaite aussi m’investir dans la vie du quartier, d’autant plus que la zone où je vis devrait être détruite dans 2 ans.

J’ai été avertie par une amie d’enfance locataire de la barre rebaptisée l’Alizé (anciennement et communément appelée barre de Chicago ou Chicag), d’une réunion qui a lieu 1 fois par mois dans un local de ce même bâtiment.

[La barre de « Chicag » a bercé toute mon adolescence puisqu’elle se situe à proximité du Collège V. Schœlcher (mon ancien collège autrefois appelé Collège les Capucines). Elle a été amputée de toute une partie en 2003. C’est aussi les allées autrefois face au collège qui sont passés face au parking et au chantier des futurs nouveaux bâtiments.

A l’époque côté collège, les allées donnaient sur une galerie avec des arcades et à quelques mètres toujours en face de la barre, (après une petite murette sur laquelle on pouvait s’assoir), il y avait un grand espace de verdure sous forme de monticule avec des arbres et quelques jeux rudimentaires. Les enfants du quartier y jouaient, nous y jouiions aussi et nous nous y retrouvions tous les jours à la sortie des cours. Les mamans se regroupaient également devant l’école maternelle des Bleuets qui a aussi été détruite pour ne faire plus qu’une avec l’école primaire des Bleuets. En haut du petit mont il y avait une petite aire avec des tables de Ping Pong ainsi qu’un petit chemin de sable beige qui menait jusqu’à une immense étendue d’herbe et de banc à côté du monument dédié aux morts et au stade de Balmont. En face de cette place, se dressait la Barre de la SACVEL, également détruite aujourd’hui ].

Revenons au sujet de départ … Je me suis rendue à la réunion. J’ai été agréablement accueillie et me suis retrouvée parmi un petit groupe de 4 locataires (ils sont une dizaine habituellement) « Les investis de L’Alizé », dans une ambiance conviviale et chaleureuse. Le groupe était représenté par 2 consultantes de la société APERTISE conseil, je les ai trouvé très professionnelles en plus d’êtres très « humaines ».

A l’initiative du bailleur Grand Lyon Habitat, elles ont mis en place un système où les demandes des habitants concernant les problèmes liés à leur cadre de vie étaient regroupés et listés, de même qu’un point était fait sur les précédentes réclamations et leur état d’avancement. Les locataires commençaient également à réfléchir sur un petit livret prévu à l’égard des futurs nouveaux habitants.

J’ai trouvé leur fonctionnement très intéressant et d’après les locataires, cela avait grandement amélioré leur quotidien, les délais entre les demandes d’intervention faites au bailleur et leur réalisation par les entreprises s’étaient raccourcis, de même que les actions engagées étaient plus efficaces et mieux ciblées.

Ce que le collectifif de locataire déplorait c’était (notamment) un manque d’investissement de la part des autres locataires qui pourtant se plaignaient aussi de dysfonctionnement : délais de réalisation trop long, réponses inefficaces ou parfois même inexistantes.

Malheureusement leur mission n’inclue pas ma zone (les 500). Je voudrais la même chose pour mon bâtiment, et ce n’est pas un caprice car en plus des délais souvent trop long entre un problème signalé et sa résolution, si la démolition de mon bâtiment a bien lieu, tout le processus « avant–pendant–après », m’inquiète, j’aimerai pouvoir être écoutée rassurée et relogée correctement.