Le Mal de nulle part

Ce soir, je publie un récit dans lequel d’autres, j’en suis certaine, se reconnaîtront complètement …

J’ai le mal de nulle part, le mal de n’être jamais à la bonne place. C’est vouloir s’accrocher quelque part, à une origine, à une histoire mais ne pas savoir à laquelle. J’ai bien une culture comme tout le monde mais elle est à cheval entre 2 rives. Et puis elle n’est pas vraiment reconnue, pas clairement identifiée, d’un côté ou de l’autre de la Méditerranée. Parfois même illégitime. Ma culture est hybride. Anormale ? Lire la suite de « Le Mal de nulle part »

Temporiser et semer les graines de l’Amour

Le printemps d’un Amour

Toute l’eau ne suffirait à éteindre les braises de mon cœur qui se consume d’amour. La distance, ton absence m’éloigne chaque jour du décret sur ta vie

De cette nuit qui a fait germer dans l’obscurité de mon être et de ses cendres a fait renaître : l’espoir, la fleur la plus pure 

L’éclat qui fait sourire à l’aube, éblouir après un long chemin d’hiver. L’hymne à un printemps, un bourgeon, une éclosion murmurant : Je t’aime à la folie, passionnément


C’est le poème qu’a écrit le Sultan à Shéhérazade des milles et une nuit. Dans le célèbre conte, cette femme a su désamorcer la colère du Sultan et temporiser, puis, déjouer son sort grâce à son ingéniosité et celle de sa sœur. Elle a ainsi sauvé toutes les jeunes filles du royaume d’une mort cruelle et certaine en cultivant chaque jour les graines de l’espoir et de l’amour dans le cœur meurtri de son bien aimé …

En réalité ce poème est le fruit de mon imagination. Avec toute cette agitation électorale, je me suis évadée loin dans l’espace et le temps. J’ai aussi souhaité exprimer à travers ces vers l’Amour, la Renaissance et l’Espoir après le chaos et les cendres

Et pour revenir à la réalité, je trouve qu’il y a tellement d’initiatives positives (si on regarde le verre à moitié plein) qui germent çà et là en France et qu’il serait bien dommage qu’une guerre vienne tout décimer sur son passage …

La danseuse des rimes

« Rêver c’est ce que je sais faire de mieux. » C’est un de mes commentaires dans une discussion Facebook. Un commentaire banal, balancé sur le ton de l’ironie, de l’autodérision … De ce commentaire est né un magnifique poème écrit en quelques minutes par Khadija : La danseuse des rimes. Une sensibilité à fleur de plume …

« Rêver c’est ce que je sais faire de mieux. »
Ma douce rêverie… Toi qui berce mes nuits. Me berne l’esprit. De mes rêves, je n’ai su m’en sortir. Piégée dans un bocal, sans parvenir à en sortir. Mes rêves, comme un chasseur, m’ont attrapée. Et je suis comme le papillon dans le bocal, je suis piégée.

De nos rêves, on devrait bâtir. De mes rêves, je voudrais construire. Construire des projets, un avenir. Mon avenir. Celui qui sera mien, celui qui sera le résultats de mes desseins. Mes desseins, dessinés par le crayon de la rêverie. Dois je me faire un dessin, où serais ce le destin?
Dessiner ma destinée. Voici la fonction de ces inepties. Mais les rêves ne sont ils pas là pour nous faire croire à l’inimaginable? Nous faire voler parmi les étoiles?

Les rêves. Mon mieux. Faisons de nos rêves, notre mieux.

 

Pour qui voter en 2017 ?

Je ne sais pas encore tout à fait pour qui je voterai. Mais pour la deuxième fois, je le ferai. Et certainement pas pour un président qui tiendra des propos haineux vis-à-vis de minorités ou d’une religion. On a déjà vu où cela a mené l’humanité. Je ne voterai pas non plus pour quelqu’un qui a une position misérabiliste et victimaire au sujet de nos quartiers. Nous n’en n’avons pas besoin. Il existe tellement de parents motivés, de personnes travailleuses, déterminées, entreprenantes ou tout simplement des résistants qui endurent un quotidien extrêmement contraignant en gardant le sourire.

De nos cités arides nous vaincrons fièrement
Au loin, souffle le vent de notre printemps
Mais personne ne l’entend
Assourdis par l’intolérance qui nous arrose et nous cultive
Nos cités bourgeonnent déjà, mais très peu l’objectivent
Aveuglés par les médias diffuseurs de haines agressives
Nos cités fleuriront et apporterons fruits en leur temps
Et en dépit de la confusion et des mauvais traitements
Nos fruits seront succulents et extrêmement résistants

A ceux qui pensent avoir la solution à nos problèmes, du haut de leurs confortables positions, quelles qu’elles soient. Venez vivre avec nous quelques mois et ressentez pleinement l’aridité de nos cités, de nos difficultés, de notre précarité. Et là, seulement, vous réaliserez notre force, notre courage et notre patience. Nous n’avons pas besoin de pitié, ni d’égards supplémentaires. Encore moins de condescendance. Simplement d’Egalité, de Fraternité et de Liberté. Nos cités sont pleines de jeunesse, de vie, de résistance, de sincérité, d’humanité et ce malgré les défauts surreprésentés qui les caractérisent. Mais quel quartier aussi riche soit-il n’en a pas ? Et puis, notre réussite ne dépend pas (que) d’un parti politique mais avant tout de nous-même. Et quoi qu’il advienne nous continuerons à résister, à vivre et à encaisser.

L’ Alizé de la Duchère …

Voici le témoignage de Meryem, une habitante de la Duchère. Une histoire qui rappelle que c’est avant tout l’humain qui fait la richesse et la beauté d’un quartier …

Je m’appelle Meryem, j’habite la Duchère depuis plus de 35 ans. J’y ai grandi et vu le changement. J’ai fait une demande de logement, il y a plus de 6 ans mais aucune proposition ne m’a plu. Dernièrement, l’une d’elle m’avait pourtant intéressée. Elle se trouvait à Lyon 7ème. J’étais contente mais après réflexion, je me suis rendue compte de la chance que j’avais d’habiter ici, de la proximité des magasins, de la facilité pour se déplacer ( métro, TCL, voiture), des nombreux espaces verts … Et très récemment, j’ai été émerveillée par la convivialité et le partage. Alors que j’étais en pleine réflexion pour quitter le quartier, j’ai pu assister à ce qu’on appelle : « la magie du quartier ». Une maman*(ma voisine) a envoyé un drap, des cuillères, des gobelets, de la boisson et puis, l’essentiel : un immense plat de couscous. Les enfants se sont régalés et puis ont tout nettoyé. Et le lendemain ça a inspiré à mon fils et ses amis de cotiser 5€ chacun et de se réunir de nouveau pour un pique-nique au même endroit. J’ai trouvé l’idée géniale et généreuse. Ça a donné de la beauté à ce vieux bâtiment que l’on surnomme encore « Chicago » à cause de vieux clichés. Il est rebaptisé aujourd’hui l’Alizé. Et j’espère que ce lieu continuera a bien porter ce nom. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je n’ai plus envie de quitter mon quartier !

* Dans les quartiers populaires, il est naturel de partager ou d’offrir sa nourriture, des plats, sans raisons particulières, sinon pour faire plaisir, parfois par aumône ou bienveillance … 

 

Différences & Égalité, impossible !?

Différence & Egalité, une équation en Humanité
Vraie, en temps de liberté. Juste, il est ton égal
Malgré vos différences, son bonheur est légal
Derrière ses apparences, son cœur a l’habileté
D’éprouver autant d’attirance, d’amour et bontés …
Regarde dans ses yeux, et ensemble scellez !
« Egalité & Fraternité » : Libertés si pures à écouter
Plus vérifiées encore, si, unis, vous les accordiez
Au passé, pour l’avenir, sous le ciel de la réalité

Condamnés à vivre (ensemble)

J’ai mal à la vie
Quand elle me sourit
J’ai mal à la mort
Qui rappelle les siens
Et emporte les corps
J’ai mal à l’oubli
Quand je me souviens
Je ne saisis plus l’amour
Au cœur il vise toujours
J’ai mal tout court
Sans savoir toujours
Pourquoi c’est si lourd
La vie est belle. Oui, mais pour qui ?
Quand l’un rit l’autre pleure et survit
Le bonheur et les morts qu’il a tant chéri
A quoi bon détruire, se haïr ?
Quand tous, sommes assujettis,
Ensemble, condamnés, à vivre et à mourir …

Relogement : Après l’espoir, la désillusion puis la résignation …

Voilà bientôt 2 ans que l’annonce de démolition a été faite et pour moi, toujours pas de déménagement en vue. Et aujourd’hui, une immense déception …

En septembre 2015, nous apprenions que nos 2 bâtiments 520 et 530 à la Sauvegarde allaient être démolis. J’avais emménager seulement depuis quelques mois, avais tout repeins, monter mes meubles sauf ma chambre. Puisque nous allions être relogés, j’ai pensé qu’il vallait mieux qu’elle reste emballée. J’ai donc dormi pendant presque 2 années sur un minuscule canapé parce que j’allais déménager prochainement …

Aujourd’hui, à mon grand désarroi, je viens d’apprendre que le logement que j’ai visité et accepté en Novembre 2016 nous a été refusé pour une raison que je considère terriblement injuste et injustifiée. Je ne la détaillerai pas ici.

J’ai donc pris des résolutions :

  • Je ne donnerai plus une minute de mon temps pour un quartier (pas les habitants) qui me rejette après tant d’heures de vie et d’énergie généreusement offertes.
  • Je monte ma chambre et nettoie mes balcons laissé à l’abandon et aux pigeons puisque j’allais partir incessamment …
  • Je ne veux plus entendre parler de relogement, ni de réunions, ni de bénévolat …
  • Je ne souhaite plus visiter de logement pendant au moins 6 mois. J’ai besoin de me poser dans ma tête.
  • Je ne m’identifie plus à un quartier, ni à une cité ni à un lieu. Je suis Française, Algérienne et Citoyenne du monde et quand ma condition sociale me le permettra, s’il faut partir je le ferai sans aucun regrets. C’est moi qui l’aura choisi et ce sera pour évoluer dans ma vie inchallah.

J’ai compris durant tous ces mois «d’investissement» que les seuls vrais problèmes des habitants des quartiers populaires étaient la pauvreté, le manque de formation et le chômage. L’argent ne fait pas le bonheur mais il évite bien des problèmes …


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Les 500 !

Face à la politique


Désabusé


C’est le sentiment d’un banlieusard (anonyme) qui a écris, ci-dessous, quelques vers, désabusé et déçu par la politique en général et par les promesses non tenues …

« La politique aujourd’hui c’est :

Mettre en valeur la forme au détriment du fond 
Apparaître dans des salons, des inaugurations …
Dans de belles postures, exprimer des paroles vides d’actions
De beau parleur à menteur, prendre les gens pour des cons 
Des promesses non tenues jadis, de nouveau lancées sans convictions 
Un langage de bois couramment maîtrisé en feignant l’émotion 
Une course acharnée, affamée, pour atteindre et gagner l’élection 
Un monde hostile, où les sourires camouflent les intentions 
Où la jungle animale apparaît innocente et vraie en comparaison »

« Banlieusard et fier de l’être »

Face à l’Amour

Vis-à-vis de ce sentiment qui chamboule et fascine, les réactions sont très variées d’une personne à l’autre, d’une situation à une autre … Mais qui n’a pas rêvé un jour de trouver l’Amour ? Qui l’a réellement trouvé ?  🙂

Aujourd’hui, je publie l’un des textes de Khadija. Je trouve qu’elle exprime de façon très pertinente et poétique, le paradoxe et les bouleversements douloureux que l’Amour peut parfois soulever dans l’esprit et dans la vie d’un être humain.

« L’amour me parait maintenant comme une montagne. Grande et immense. Elle m’impressionne, me fait peur. Me parait parfois un monstre, dépossédant les personnes qui le ressentent, de leur propre être, de leur propre cœur.

Moi qui avant en étais submergé, maintenant il me terrifie. Je le fuis où que je le trouve, fusse-t-il dans les méandres de mon esprit.

Je trouvais auparavant l’amour passionnel beau, touchant. Je m’en faisais une belle image, je me la représentais comme un soleil couchant sur le rivage. Et puis lorsque je l’ai ressenti, que je l’ai vécu, j’ai tout de suite voulu le fuir. Il n’était pas un bon hôte, et mon cœur souffrait en sa présence. Il le rendait malade, fou.

J’ai compris tout de suite que cette jolie chose avait un deuxième visage, un visage effrayant. Moi qui pensais que le vivre ferait de moi la plus heureuse, je n’ai été, à aucun instant prise d’un tel bonheur. Au contraire, je subissais son emprise sur ma personne, pleurant jour et nuit, ne pouvant me défaire de mon ennemi. Et j’ai appris à le côtoyer, en espérant un jour en être délivrée.

Et puis un jour, j’ai décidé de le fuir. De fuir ce bonheur qui me tuait, à petit feu. De fuir ce sentiment qui me mettait mal à l’aise, mal de l’être. Comme Jonas dans le ventre de la baleine, je me suis extirpée de ce monstre qui m’a gobée toute entière, m’avalant, me faisant disparaître de la réalité.

Piégée dans cette sphère à laquelle je ne voulais plus appartenir, je me sentais incomprise par moi-même, seule dans ma solitude devenue pesante. L’amour était mon ennemi, et j’étais devenue ennemie de moi-même. Je ne me comprenais plus, je ne me reconnaissais plus.

J’aimerais un jour ne plus avoir à la recroiser, cette montagne qui m’a tant fait peur. Mais comme on dit, il n’y a que les montagnes qui ne se croisent pas. Je ne suis pas une montagne, tôt ou tard je la retrouverais. »

Et puis, dans un autre de ses textes, elle exprime à merveille la passion, l’ivresse et le bien être qui peuvent animer un cœur et un corps amoureux.

« Laisse moi me noyer dans l’océan de ton amour, sur la plage de ton cœur je me nourrirais de ta chaleur. Ma peau halée, sera le résultat de l’exposition de ta lumière, me procurant un véritable bien être, sensation si particulière. Me plongeant dans la mer de tes yeux, débordant de larmes, les faisant briller tout deux. Ils luisent tel une lucarne, et embrase ma personne, ravivant la flamme. Flamme devenant un incendie, devant toi je brûle, devant toi je fonds, face à toi je vie. La flamme de la vie, l’eau qui ravive. Elle, ma mie, la plus que vive.
Sois eau que je te bois, afin que tu coule en moi. Sois flamme, que tu m’enflamme, je t’en prie deviens ma femme.
Braises douces, ta douceur me touche. Devant toi je succombes. Je ne souhaite plus rencontrer la tombe. Que je vive à tes côtés pour l’éternité. Qu’on soit amour amants et amitié. Que je me perde dans ton intimité. Vole moi mon cœur, afin que je puisse m’envoler. Volons tous les deux, âmes sœurs, errons dans les airs. Tu me fais décoller, avec toi je n’arrive plus à avoir les pieds sur terre. Sois ma terre, et mon ciel, mon rêve et ma réalité. Subissant la gravité, mon amour, je ne peux plus de toi me détacher. Sois ces ailes, soit elle. Sois celle qui me donnera des ailes. »