Relogement : Une chenille dans son confort

Si ce n’est pas l’usure qui est visée, ça y ressemble fort …
Bientôt seule mais je m’en sors, telle une chenille dans son confort.
Mais quel serait mon crime ? Ma liberté de parler ou d’écrire ? Lire la suite de « Relogement : Une chenille dans son confort »

Relogement : la démolition a déjà commencé

Je n’ai plus assez de mots, plus assez d’émotions pour décrire ce long tunnel de relogement dans lequel nous sommes pris en otages. Bientôt 3 ans d’attente et je n’en vois toujours pas le bout. Les bâtiments sont quasiment vides.

Il faut attendre une proposition choisie par d’autres pour vous. Ma dernière proposition était surprenante parce que tellement loin de ce que j’aurais choisi.

Trois propositions refusées et c’est la menace d’expulsion. Mais qu’importe, le mal est déjà fait.

Je viens d’acheter un détecteur de monoxyde. Pour un vrai risque ? Ou est-ce le traumatisme qui refait surface ? Le détecteur le dira. Personne ne s’est excusé. Tout le monde s’en fout et moi aussi. Je ne ressens plus rien sinon une froide lassitude. L’espoir semble encore bien loin. La démolition a dors et déjà commencé. Mais pas encore sur le béton.

Relogement : Conseils et Espoirs

S’accrocher à la vie pour ne pas sombrer avec un immeuble en fin de vie
Fermer les yeux et taire des émotions lancinantes, les étouffer dès l’origine.
Fuir ses propres pensées. Ne surtout jamais laisser la peur ouverte.
Fuir les étages d’une allée aux portes glacées et blindés. S’enfermer en soi.
Bercer ou berner son monde d’illusions. Ne plus voir que l’espoir.
Le laisser inonder l’atmosphère pesante,
Éclairer les ombres terrifiantes d’un défunt quartier.
Ouvrir un courrier qui rappelle qu’au bout de 3, il n’y a plus de choix.
Mais fuir et rire chaque jour vers l’avant. Se barricader d’optimisme.
Toutes les lumières finiront par s’éteindre, mais l’hiver touche à sa fin.

Relogement : « Promesse Humaine »

Ce mardi 20 décembre 2017 avait lieu l’une des dernières réunions publiques au sujet de notre relogement et de la démolition des barres 520 et 530 de la Sauvegarde, une zone du quartier de la Duchère à Lyon 9ème.

Elle se voulait rassurante mais je n’ai retenu que 2 choses :
-Nous ne somme plus qu’une trentaine de famille en attente de logements.
-Nous entrons dans la période dite réglementaire* à partir de janvier 2018.

On nous a projetés, les textes de lois disant qu’au bout de 3 refus, le bailleur était en droit de nous contraindre de partir même si sa proposition ne correspondait pas à nos attentes.

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Relogement : la fin est proche …

Le quartier se vide. L’ambiance y est de plus en plus glauque. Nous ne sommes plus que 2 familles dans mon allée. A chaque nouveau départ, la porte d’entrée est remplacée et scellée par une espèce de « fermoir » blindé.  Il ne reste que 2 à 3 familles par allée en moyenne (10 familles autrefois). Une allée entière est déjà complètement vide et condamnée : La 530.

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2 années auparavant, les habitants, nos rideaux colorées, nos lumières … éclairaient et égayaient les façades de ces 2 immeubles se faisant face. Aujourd’hui, la plupart des appartements sont éteins et l’obscurité de l’un se reflète sur le sinistre de l’autre.

Malgré cela et en dépit des difficultés que nous avons eu à traverser, je suis fière d’avoir été témoin de cette disparition silencieuse, d’avoir vécu cette profonde transformation dans l’antre d’un vieil HLM au cœur d’un quartier qui change radicalement. Je suis satisfaite aussi d’avoir décris une petite parcelle de l’histoire de notre relogement quand très rares sont ceux qui s’y sont penchés. Lire la suite de « Relogement : la fin est proche … »

Quand le logement devient source d’instabilité et de colère

La colère : un incendie à éteindre


« La colère est très mauvaise conseillère », pourtant chacun de nous a déjà agi sous son effet et alors toutes les contrariétés, toutes les injustices du quotidien deviennent des prétextes qui s’accumulent et déferlent avec l’effusion d’une rage trop longtemps contenue.

En période de crise, la raison n’a plus vraiment sa place. Ces 3 dernières semaines ont été pour moi cataclysmique et j’ai vraiment ressenti une haine qui sort des tripes avec une envie de tout démolir.

Au vu de la gravité du danger auquel nous avons été exposés, j’aurais aimé que les responsables de notre intoxication au monoxyde de carbone passent devant le juge, en comparution immédiate. Mais ce n’est jamais comme cela que ça se passe et il faut apprendre à vivre avec ce (res)sentiment d’injustice.

L’écriture spontanée est pour moi une véritable thérapie et une source d’équilibre et d’accalmie. Elle a été une perche de secours et m’a permis de m’accrocher durant cette période extrêmement houleuse. Les lignes, ci-dessous décriront la turbulence que nous avons traversé.

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Laisse Béton

Après quelques semaines de pause, je reviens avec un récit poétique écrit par Younous, un habitant engagé et passionné par l’histoire et le patrimoine de son quartier : le Val Fourré sur la commune de Mantes-la-jolie en Île de France.

Younous, 36 ans, y raconte SA cité pourtant ses mots ont fait écho en moi, éveillant des émotions assoupies et des souvenirs de vie à peine enfouis.

Béton, quel est ton secret ? Je vous laisse le découvrir ici … Lire la suite de « Laisse Béton »

Relogement : J’en peux plus !

« Ne ressens la braise que celui qui marche dessus ».

C’est un proverbe (du bled) qui image parfaitement l’impossibilité pour l’autre de ressentir une douleur pourtant bien réelle.

Si pour certains le relogement est une opportunité. Pour d’autres comme moi c’est une situation qui s’enlise et qui déteint sur tous les aspects d’une vie en pause. Je rappel que l’annonce de démolition a été faite le 17/09/2015.

Depuis, je n’ai eu qu’une seule proposition qui a très mal tournée … Récemment, j’ai appris avec inquiétude qu’il y avait un délai réglementaire à partir duquel, on serait forcé d’accepter ce qu’on nous proposera (après 3 refus). J’espère ne pas en arriver là.

Je souhaite force et courage à tous les pauvres des quartiers populaires et d’ailleurs. L’hiver est rude mais le printemps finit toujours par arriver …

 

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Relogement : Après l’espoir, la désillusion puis la résignation …

Voilà bientôt 2 ans que l’annonce de démolition a été faite et pour moi, toujours pas de déménagement en vue. Et aujourd’hui, une immense déception …

En septembre 2015, nous apprenions que nos 2 bâtiments 520 et 530 à la Sauvegarde allaient être démolis. J’avais emménager seulement depuis quelques mois, avais tout repeins, monter mes meubles sauf ma chambre. Puisque nous allions être relogés, j’ai pensé qu’il vallait mieux qu’elle reste emballée. J’ai donc dormi pendant presque 2 années sur un minuscule canapé parce que j’allais déménager prochainement …

Aujourd’hui, à mon grand désarroi, je viens d’apprendre que le logement que j’ai visité et accepté en Novembre 2016 nous a été refusé pour une raison que je considère terriblement injuste et injustifiée. Je ne la détaillerai pas ici.

J’ai donc pris des résolutions :

  • Je ne donnerai plus une minute de mon temps pour un quartier (pas les habitants) qui me rejette après tant d’heures de vie et d’énergie généreusement offertes.
  • Je monte ma chambre et nettoie mes balcons laissé à l’abandon et aux pigeons puisque j’allais partir incessamment …
  • Je ne veux plus entendre parler de relogement, ni de réunions, ni de bénévolat …
  • Je ne souhaite plus visiter de logement pendant au moins 6 mois. J’ai besoin de me poser dans ma tête.
  • Je ne m’identifie plus à un quartier, ni à une cité ni à un lieu. Je suis Française, Algérienne et Citoyenne du monde et quand ma condition sociale me le permettra, s’il faut partir je le ferai sans aucun regrets. C’est moi qui l’aura choisi et ce sera pour évoluer dans ma vie inchallah.

J’ai compris durant tous ces mois «d’investissement» que les seuls vrais problèmes des habitants des quartiers populaires étaient la pauvreté, le manque de formation et le chômage. L’argent ne fait pas le bonheur mais il évite bien des problèmes …


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Les 500 !

Relogement : chacun attend (im)patiemment son tour …

Etre relogé c’est : se faire déménager


Depuis l’annonce de la démolition, en septembre 2015, les bâtiments 520 et 530 de la Sauvegarde se vident régulièrement. Lentement mais sûrement. Depuis quelques mois, j’évite le sujet et essaie de ne plus y penser. Pourtant il le faut, nous devrons partir, bientôt. Où ? Je n’en ai absolument aucune idée.

Une partie de moi a de plus en plus envie de quitter ce quartier, alors qu’une autre et mes enfants souhaitent y rester. Alors je ne sais pas. Mon amie et voisine m’a dit il y a quelques jours : « J’en peux plus, j’ai envie de partir, je n’ose plus rien acheter pour la maison, plus rien bricoler chez moi ». Elle attend impatiemment une proposition . Etre relogé c’est mettre sa vie en pause. C’est un sentiment très souvent partagé. « On t’a proposé quelque chose ? » c’est la question qui revient toujours en premier lorsque l’on se croise.


La rénovation urbaine c’est aussi un changement d’identité


J’ai entendu dire que la Duchère allait changer de nom comme cela a été fait pour la barre communément appelée : « Chicag » et rebaptisée (officiellement) l’Alizé. Je pense et j’espère que ce n’est qu’une rumeur. Les rumeurs, les on dits, les non-dits sont nombreux et peu rassurants. J’essaie de ne plus y prêter attention.

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La métamorphose et les travaux sur la Duchère se poursuivent soulevant au passage des masses de questions et d’inquiétudes. Parmi lesquelles : La rénovation profitera-t elle réellement aux anciens habitants ? Diminuer le nombre de logements sociaux ne va-t-il pas entraîner une hausse des prix, significative pour les plus pauvres ? Sommes-nous devenus aujourd’hui des « indésirables » au sein de notre propre quartier ? Comment cette nouvelle identité est-elle perçue par les jeunes et les adolescents en construction ?  Notre quartier était jusqu’alors un endroit où l’on se sentait chez nous, ce qui compensait le sentiment d’exclusion que l’on pouvait ressentir ailleurs.

Notre parole, nos ressentis doivent être écoutés, pris en considération, sans tabous ni condescendance et surtout agis en conséquence. L’objectif principal étant que nous soyons mieux logés après le relogement et la rénovation. Sinon, pourquoi déménager ?