Vis ma vie dans ma cité. Puis-je vivre la tienne dans ton quartier ?

Je vis ma vie, celle que beaucoup jugent d’ailleurs
De loin et d’après leurs critères du bonheur
En espérant résoudre mes ennuis ?
Ce n’est pas parce qu’on me dit malheureux que je le suis forcément
Et si je le suis réellement, que fera-t-on pour moi concrètement ?
On vit mes difficultés par procuration, mais qui n’a pas de préoccupations ?
Et pour équilibrer mon image, explorer TOUTE la société serait plus sage
L’égalité serait d’être observés et d’observer avec respect et objectivité
Se voir à travers le miroir de l’autre, mutuellement, sans filtres déformant
Parfois il arrive même qu’on prétende vouloir m’aider
Alors que l’objet visé est son propre intérêt …
J’en ai assez d’être observé, analysé, critiqué, qu’on parle de moi
Quand je ne recherche qu’une formation et un emploi

 

 

 

 

 

 

Pas envie de sortir du quartier …


J’avais écrit ce billet cet été … Aujourd’hui malheureusement c’est encore pire … Je n’ai plus du tout envie de sortir des limites de mon quartier …
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Se rencontrer sans que la culture de l’un n’entrave la liberté de l’autre


J’ai réalisé l’importance de la rencontre entre nos différentes cultures simplement l’année dernière, après avoir rencontré des personnes vis-à-vis desquels j’avais moi-même certains préjugés : les professeurs et l’équipe éducative du collège de mes enfants, j’en avais même certains en aversion; ceux avec lesquelles mes garçons avaient eu des malentendus. Moi j’étais toujours et incontestablement du côté de mes fils n’ayant eu que leur versions de pauvres petites victimes malmenées par un professeur qui pouvait très bien être raciste de surcroît.

Une de mes amies se rendait régulièrement au lieu accueil parent du Collège Victor Schœlcher, moi j’étais dans mon quotidien de mère célibataire ne survivant que pour ses enfants, je rencontrais souvent l’animatrice relais dans le quartier et elle me parlait de ce lieu, je lui répondais que je viendrais certainement bientôt, et c’était réellement mon intention mais je n’arrivais pas à trouver le temps dans ma morosité journalière. Je m’évertuais à chercher du travail, mieux encore je suivais des formations qui m’encadraient dans la recherche d’un emploi que je ne trouvais pas. C’était à cause de la crise, du chômage qui est en hausse, du fait que je porte le voile, etc …

J’ai commencé à fréquenter le lieu accueil lors d’une rencontre avec des personnes membres d’une commission venue d’Europe pour parler du Lieu et de ce qu’il apportait en termes d’éducation et de progrès pour les enfants. Mon amie m’avait demandé de lui faire des pâtisseries orientales pour l’occasion (visiter mon site vitrine), je l’ai accompagnée et ai été séduite par ce qui se faisait là-bas.

A partir de ce jour j’ai pris le temps d’y aller. J’ai commencé par prendre des cours de mathématiques, Mme Julien et sa méthode m’ont fait à nouveau aimer cette matière. J’assiste aussi à des cours d’informatique et d’Anglais. Enfin je participe à un atelier Journal avec Typhaine, Kheyra, et d’autres mamans, j’adore ce moment durant lequel nous choisissons un thème que nous développons à l’oral et à l’écrit, ceci dans l’optique d’échanger nos idées et de trouver des solutions à nos problèmes avec comme motivation la réussite humaine et scolaire de nos enfants, le tout dans une ambiance humaine et conviviale.

Ce fut comme s’il y eu un avant et un après. Le lieu accueil parent a changé ma vie et celles de mes enfants. Avant j’étais plus refermée sur moi-même et mon cercle amical et familial très restreint. Persuadée du fait que de toute façon nous sommes rejetés de la société. Le pire c’est que je ne me rendais pas compte que je vivais dans une bulle puisque c’était ma « normalité » journalière … Quant à mes enfants leur comportement s’est nettement amélioré et leurs notes progressent elles aussi lentement mais sûrement.

L’Après c’est-à-dire aujourd’hui : j’ai compris combien il était vital de ne pas s’isoler du monde qui nous entoure, je réalise aussi qu’il y a des gens biens en France ! J’avais déjà un peu commencé à le découvrir lors de ma dernière session de formation pour le retour à l’emploi, grâce à une conseillère prestataire du pôle emploi : Nathalie; c’est une personne lumineuse … J’ai réalisé que les Français « d’origine française » pouvaient aussi être bons et humains, certains m’ont même fait prendre conscience de mes qualités et m’ont donné l’envie d’avancer et de sortir de mon statut d’éternelle victime.

Avant de découvrir le Lieu accueil parents, je n’osais pas entrer dans le collège pour une raison autre qu’obligatoire ou bien j’y allais pour une sanction vis-à-vis d’un de mes fils. Le fait que je porte le voile me faisait me sentir intruse et «pas à ma place», alors quand je devais m’y rendre je me faisais toute petite et avait hâte d’en sortir afin de vite retourner dans ma petite bulle « protectrice » et rassurante …

Safya


Si vous aussi avez vécu une expérience similaire, ou autre chose mais sur le  thème  de la rencontre entre les différentes cultures, n’hésitez pas à m’écrire ou à laisser un commentaire !