Relogement : Quand tout s’effondre

Le beau temps est là 🙂 et même si c’est assez inquiétant parce que le changement de température s’est fait très brutalement, il réchauffe aussi les logements des 520-530 de la Sauvegarde abandonnée. Sortir des 15° habituel c’est aussi sortir de l’hibernation imposée. Je n’ai plus beaucoup écrit, j’ai préféré garder mon froid chez moi. Mais je n’oublierai jamais avoir été traités en « sous-espèce » de l’humanité. Les mots sont forts mais vrais. Pourtant il faut avancer.

Et puis j’ai envie d’être plus optimiste dans mes écrits. L’écriture est certes un exutoire mais on peut le faire aussi dans un journal personnel.

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Relogement : Ce n’est qu’un déménagement …

Annonce de la démolition de nos bâtiments : 2015, suivie de 2016, 2017, 2018 et voici 2019 qui pointe avec tout l’espoir que peut offrir la perspective d’une nouvelle année. Une fois la page de mon relogement tournée, j’aimerais écrire sur des sujets plus optimistes et pas forcément liés aux quartiers « prioritaires ». Mais ce qui à la base ne devait être qu’un simple déménagement a pris toute la place dans nos vies, alors voici la suite de ce relogement  …

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La colère est l’alliée du pauvre

La colère est un sentiment légitime et sain qui permet parfois de rester en vie et de continuer à avancer à contre-courant dans un environnement impitoyable.

Face aux difficultés d’un quotidien fragilisé et dans un quartier en pleine gentrification, deux possibilités s’offrent à nous : nous laisser emporter par le désespoir ou bien lutter bec et ongles pour notre survie.

Il m’est arrivé à plusieurs reprise de voir des personnes se disputer pour donner une définition de ce qu’est la « vraie » pauvreté. Selon moi, il n’y a pas une seule description mais la pauvreté peut revêtir milles visages. La pauvreté en France ne ressemble pas à celles des pays du tiers monde ou d’ailleurs.

La pauvreté n’est pas un état figé dans lequel on se complaît. Les pauvres ne sont pas des fainéants. Le RSA ou les aides sociales n’ont rien d’attrayant. Ils permettent tout juste de survivre et encore. Le pauvre peut aussi être salarié, au chômage ou ne rien percevoir.

Si elle ne bascule pas dans la violence, toute colère est selon moi sensée et légitime. Le déni de la souffrance de l’autre est une une douleur supplémentaire qu’on lui inflige.

La pauvreté est un processus dynamique, une lutte perpétuelle pour garder la tête hors de l’eau.

En images, Etre pauvre :

C’est avancer à contre courant dans une rivière en crue.
Et tenter de maintenir sa tête hors de l’eau.
Quand on pense avoir atteins bientôt le rivage, le courant reprend de plus belle.
On est alors tenté de se laisser emporter, épuisé par cette force surnaturelle.
On touche parfois le fond, on se noie, on étouffe, alors on se démène.
On ressort la tête reprend son souffle mais le courant est puissant.
On avance un peu mais on recule presque autant.
Et ainsi de suite … Jusqu’à la rive ou bien jusqu’à l’épuisement.

Relogement : Sans commentaires

Quelques mots quand même 🙂 Lire la suite de « Relogement : Sans commentaires »

Relogement : Dans l’obscurité 2/2

Une seule pièce est éclairée. Mais aucune prise ne fonctionne.

Les fusibles ont quasiment tous sauté.

Je publie depuis mon téléphone. Je n’ai plus Internet aussi.

Comment allons nous nous chauffer cette nuit. Et celle de dimanche …

J’ai voulu appeler la police afin de faire constater. Mais la dame au bout du fil à été virulente. Elle m’a dit « c’est n’importe quoi mais quelle idée d’appeler la police pour ça! Vous voulez pas qu’on vous ramène un radiateur aussi …  »

 

 

Relogement : Dans l’obscurité 1/2

Les lumières des logements qui se libèrent s’éteignent une à une. Les lumières de mon logement s’éteignent aussi. Et pourtant j’y vis encore …

Les 2 maudits convecteurs prêtés par notre généreux bailleur ont fait sauter 2 des fusibles. Il n’ y a plus de lumières ni dans la cuisine, ni dans le salon, ni dans la salle de bain, ni dans les toilettes. Je n’ai pas de fusibles de rechange.

Je n’écris pas pour me plaindre mais pour continuer de faire l’état des lieux de ce que peut être un relogement dans le cadre de la rénovation urbaine. Les paroles officielles, comme les promesses que l’on nous a tenu jadis ne feront jamais ce type de récit.

Pourtant cette réalité, nous la vivons mes enfants et moi. Et je suis convaincue que nous ne sommes pas les seuls.

Voici un mail écris le 9/10 . Je n’ai eu cesse d’écrire et de demander de l’aide un peu partout. En vain.

Objet : Un relogement qui vire au cauchemar

Monsieur xx xxxxx,

J’arrive au terme de ce qui m’est humainement supportable. Cet épisode du chauffage peut paraître anecdotique. Mais ce sont toutes ces choses graves et moins graves, mises bout à bout qui m’épuisent et qui menacent mon équilibre familiale déjà fragilisé.
La dernière fois que vous aviez eu l’amabilité de me recevoir. Vous m’aviez dit qu’en octobre je devrais avoir déménagé. Nous sommes bientôt à la mi octobre et aucune proposition ne m’a été faites. Je souhaite déménager au plus vite. Cette situation n’est plus supportable pour mes enfants. Mon fils de 10 ans me répète chaque jour, on déménage quand nous aussi ? Je refuse que nos vies soient sacrifiées même pour la cause la plus noble qui soit.
Je sollicite urgemment votre aide.

Jeter une bouteille à la mer serait certainement plus efficace.

 

Relogement : Une chenille dans son confort

Si ce n’est pas l’usure qui est visée, ça y ressemble fort …
Bientôt seule mais je m’en sors, telle une chenille dans son confort.
Mais quel serait mon crime ? Ma liberté de parler ou d’écrire ? Lire la suite de « Relogement : Une chenille dans son confort »

Relogement : La goutte d’eau …

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« nous allons mettre à votre disposition 2 convecteurs électriques » …….. Seulement 2 Pour un T4 ? Mais quelle(s) pièce(s) chauffer ? Et lesquelles ne seront pas chauffées ?

« Pour rappel, il s’agit d’une installation provisoire » …….. Ah bon ? !

« GLH prendra en charge ces travaux d’adaptation » .……. Qui paiera les factures d’électricité ? Je ne veux pas de travaux ! Je veux déménager !

Mr Mazoyer,
ci-dessous, le commentaire vous m’aviez écris en novembre 2015.
Depuis plus de 3 ans, pour ma part, c’est une forme de maltraitance vis à vis de mes enfants et moi. Ce relogement laissera des traces indélébiles chez nous.
Nous souhaitons être relogés avant le froid. Il commence déjà à faire froid dans notre logement.

Mazoyer dit :
10 novembre 2015 à 17 h 18 min

« Tout d’abord, laissez-moi vous féliciter pour votre blog à la fois très intéressant et très
agréable à lire.
Ensuite, ça ne sera sans doute pas assez rassurant pour vous, mais sachez que Grand Lyon Habitat mesure tout à fait le chamboulement que peut représenter le relogement. C’est l’un des bailleurs qui a le plus œuvré lors de la rédaction de la Charte du relogement du Grand Lyon, que cela fait près de 15 ans que ses personnels sont rompus à l’accompagnement des ménages relogés et surtout que vos objectifs personnels, s’ils sont plus que louables, ne sont pas incompatibles avec les objectifs qu’il poursuit…« .

Relogement : la démolition a déjà commencé

Je n’ai plus assez de mots, plus assez d’émotions pour décrire ce long tunnel de relogement dans lequel nous sommes pris en otages. Bientôt 3 ans d’attente et je n’en vois toujours pas le bout. Les bâtiments sont quasiment vides.

Il faut attendre une proposition choisie par d’autres pour vous. Ma dernière proposition était surprenante parce que tellement loin de ce que j’aurais choisi.

Trois propositions refusées et c’est la menace d’expulsion. Mais qu’importe, le mal est déjà fait.

Je viens d’acheter un détecteur de monoxyde. Pour un vrai risque ? Ou est-ce le traumatisme qui refait surface ? Le détecteur le dira. Personne ne s’est excusé. Tout le monde s’en fout et moi aussi. Je ne ressens plus rien sinon une froide lassitude. L’espoir semble encore bien loin. La démolition a dors et déjà commencé. Mais pas encore sur le béton.

Relogement : Conseils et Espoirs

S’accrocher à la vie pour ne pas sombrer avec un immeuble en fin de vie
Fermer les yeux et taire des émotions lancinantes, les étouffer dès l’origine.
Fuir ses propres pensées. Ne surtout jamais laisser la peur ouverte.
Fuir les étages d’une allée aux portes glacées et blindés. S’enfermer en soi.
Bercer ou berner son monde d’illusions. Ne plus voir que l’espoir.
Le laisser inonder l’atmosphère pesante,
Éclairer les ombres terrifiantes d’un défunt quartier.
Ouvrir un courrier qui rappelle qu’au bout de 3, il n’y a plus de choix.
Mais fuir et rire chaque jour vers l’avant. Se barricader d’optimisme.
Toutes les lumières finiront par s’éteindre, mais l’hiver touche à sa fin.