Quand le logement devient source d’instabilité et de colère

La colère : un incendie à éteindre


« La colère est très mauvaise conseillère », pourtant chacun de nous a déjà agi sous son effet et alors toutes les contrariétés, toutes les injustices du quotidien deviennent des prétextes qui s’accumulent et déferlent avec l’effusion d’une rage trop longtemps contenue.

En période de crise, la raison n’a plus vraiment sa place. Ces 3 dernières semaines ont été pour moi cataclysmique et j’ai vraiment ressenti une haine qui sort des tripes avec une envie de tout démolir.

Au vu de la gravité du danger auquel nous avons été exposés, j’aurais aimé que les responsables de notre intoxication au monoxyde de carbone passent devant le juge, en comparution immédiate. Mais ce n’est jamais comme cela que ça se passe et il faut apprendre à vivre avec ce (res)sentiment d’injustice.

L’écriture spontanée est pour moi une véritable thérapie et une source d’équilibre et d’accalmie. Elle a été une perche de secours et m’a permis de m’accrocher durant cette période extrêmement houleuse. Les lignes, ci-dessous décriront la turbulence que nous avons traversé.

Prisonnière de ma colère
Rien n’entravera ma rage
Le tonnerre, la furie, l’orage
Déferlent sur ma vie
Le vent, la haine, la pluie
La folie m’a saisie
La foudre, l’éclair, le dépit
Il n’y a plus d’accalmie
L’ouragan a enchaîné ma raison
La vie a déserté ma maison
Je n’ai plus aucune envie
Je ne peux plus me taire !
Qu’on m’enterre !
Je ne crains plus de parler
On m’a déjà tuée !

Après la pluie vient le beau temps, et aujourd’hui, ma colère destructrice se dissipe mais je n’ai toujours pas d’eau chaude, ni la possibilité de cuisiner. Par ailleurs, ma situation de relogée se pérennise. J’espère vivement être relogée et quitter notre lieu de traumatisme.


Quand « être relogé » devient un état permanent


Voilà 2 ans que l’annonce de démolition a été faite. Nous sommes environ 70 familles à attendre encore. Les allées se vident et le quartier se meure avec ses départs successifs et « aléatoires ». Si pour certains ça se passe plutôt bien, pour d’autres comme Laura (prénom d’emprunt) c’est un enfer. Voici son témoignage :

Je suis désemparée. Je n’ai plus de projet. Je vis mal, mon allée se vide de plus en plus. J’appréhende le fait que mon allée se vide et d’y rester seule. Les prises qui pètent. Pas envie d’investir dans des travaux de réparation. L’appartement se détériore. On est entre 2 chaises. Le relogement nous a marqué dans l’âme. On est mal accompagnés. Ils nous demandent d’attendre. Tout ce qu’on demande n’est pas possible. Qu’on arrête de nous mentir. C’est possible nulle part. On nous demande d’élargir notre périmètre. On nous impose presque d’aller dans une autre commune alors qu’on n’a pas envie de quitter nos habitudes, nos amis, notre famille … Les immeubles poussent comme des champignons, certains sont rénovés mais rien n’est pour nous. Pourquoi ?

2 commentaires sur « Quand le logement devient source d’instabilité et de colère »

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