Le Monstre du quartier et la spirale infernale …

Aujourd’hui, j’ai une pensée émue pour des jeunes qui à peine sortis d’adolescence, entrent en prison. Je ne leur trouve pas d’excuses comme on a pu me le reprocher. J’ai simplement beaucoup de peine de les voir gâcher leurs potentiels, leur jeunesse, leur vie …

Le trafic de stupéfiants gangrène nos quartiers. C’est un  marché bien ancré, qui s’élargit toujours plus. Comme toute entreprise, il faut de la main d’oeuvre. Et dans cette voie, nos enfants sont recrutés prioritairement. Quand toutes les issues semblent fermées, le trafic, offre des opportunités de « CDI » et la perspective d’un « avenir » meilleur.

Mais c’est presque toujours la prison qui pointe en chemin. Et quand 10 jeunes sont incarcérés. C’est 10 autres adultes en devenir qui prendront la relève du charbon. Et ainsi de suite … Un monde occulte et impitoyable appelle et attire notre jeunesse, les utilise, les emprisonne, les use et les remplace depuis plusieurs générations déjà.

Nos quartiers sont « prisonniers » d’un monstre confiné par des murs de secrets. Les descentes de police, les règlements de compte, les fusillades parfois, en sont les témoins directs et sorte la bête de l’ombre dans laquelle elle se terre, se nourrit et grossit inlassablement.

En France, le sujet est tabou, les dealers sont des voyous qui doivent être emprisonnés, point final. Quelle est la racine du problème ? Comment arrêter l’ « épidémie » et ses ravages ? Comment éviter que les petits suivent l’exemple des plus grands ? Comment sortir de ce monde impitoyable une fois dedans ?  Est-il seulement possible d’en sortir ? C’est quelques unes des questions qui torturent nombre de parents, de jeunes et moins jeunes … Y a t il une sortie à cette impasse qui « bousillent » nos quartiers et leurs jeunesses ? Ou bien faut il se résigner et faire l’autruche ?

Ci dessous, 2 témoignages de scènes où le « Monstre » s’est manifesté pour retourner ensuite dans sa tanière insondable, immuable.

Après une descente de police ( Lyon) …

Ce matin à l’intersection d’un chemin 5 mamans désœuvrées, désorientées pleurent la perquisition, et le départ de leurs fils arrachés du sommeil et sortis menottes aux mains, têtes basses, honteux, comme des moins que rien. Prises entre la colère, l’inquiétude, la bienveillance et l’amour. Quelle voie emprunter ? Pour retrouver celle de la raison. Les plus jeunes choqués répètent, le regard songeur « Ils ont pris tout le monde, ils ont pris tout le monde « . Leur monde, leurs grands frères, leur univers. A 13 ans ils maîtrisent étonnement un champs lexical carcéral comme si le domaine était le leur. Il l’est.

 

Une fusillade dans un quartier  ( Toulouse ) …

Une fusillade dans mon quartier lundi dernier …

Une mère qui pleure son fils
Tué par un sans foi ni loi,
Toute la population, d’un avenir morbide, y voit les prémisses.
Et une question règne : que fait l’Etat ?

Pas de prise en charge,
Des familles choquées, traumatisées,
D’autres bouillonnantes de rage,
Se sentant abandonnées.

Voilà plusieurs années que le quartier s’est dégradé,
Petit à petit, sans gène, des enfants on entraîne,
Au fil du temps le visage de la cité s’est décomposé
A cause de cette jeunesse que l’on gangrène.

Impuissants sont les habitants,
On les pointe pourtant du doigt,
En leur répétant qu’ils sont responsables de leurs enfants.
Et, quelque part, c’est de leurs fautes si on en est là.

Mais quel culot ! Quelle indécence,
De tenir un tel discours,
Quand on n’a pas la compétence,
De répondre aux appels au secours.

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