Laisse Béton

Après quelques semaines de pause, je reviens avec un récit poétique écrit par Mamoudou, un habitant engagé et passionné par l’histoire et le patrimoine de son quartier : le Val Fourré sur la commune de Mantes-la-jolie en Île de France.

Mamoudou, 36 ans, y raconte SA cité pourtant ses mots ont fait écho en moi, éveillant des émotions assoupies et des souvenirs de vie à peine enfouis.

Béton, quel est ton secret ? Je vous laisse le découvrir ici …

Le béton a une âme, elle résume à elle seule la multiplicité des parcours de vie des habitants, les papiers peints étant sa carte d’identité des temps et des époques.
Témoin immobile de l’histoire, il abrite les secrets, les moments de liesses et d’émotions mais aussi de tristesse et de mélancolie.
Le béton absorbe nos tranches de vie, se fissure témoignant de sa lente agonie, ses meurtrissures sont des blessures, ses parois, ses moindres orifices, ses effritements, sont des preuves d’épreuves du labeur des résidents de la République des sans cœurs. Le béton est silencieux, taiseux, tagués par des haineux ou artistes au fond d’eux. Le béton est notre vie refusant le bois et sa langue, l’aluminium et son argent minimum, la tôle car on la prend, le béton ça … ça prend !
L’âme du béton est profonde et il est temps que je vous la raconte …

Laisse béton

A de nombreuses reprises, le béton a fait sa prise,
Une emprise qui débuta à l’Empire,
Dans mon quartier qui côtoyait le pire
Ici, dans mon nouvel appartement, j’inspire,
J’expire l’odeur de la cire

Le béton à une âme,
Aussi tranchante qu’une lame,
Elle vous marque à vie, le bail en sursis
Cité dortoir où résident les sous vies
Que l’on appelle « COSMOPOLITANIE »
Aussi gracieuse que Grace de CAPITANI !

Dans mon béton, j’y laisse une trace,
Mon bâtiment attire toutes les races
Toutes les âmes s’y retrouvent et s’enlacent,
Même si le quotidien les rend lasses

De ma fenêtre, je rêve d’être et non d’avoir,
L’horizon m’invite sur ses marches illusoires,
La cave me lave d’une ablution expiatoire,
Pour ma confession à Dieu, à Lui puissance et gloire

Lumière étincelante, soir des délinquantes décadences,
Provoque en moi l’ascendante descendance,
Je suis un enfant du quartier au destin fractionné
Déchet d’un Etat protecteur qui m’a mis en Etat d’être choqué

36 ans à couver le béton, à écouter les sons
A observer les gens qui vibrent à l’unisson,
La Tour a chuté, elle vient de nous quitter
Devant une foule ébahie, aux yeux écarquillés

Le béton a une âme aux vagues larmes
Elle tire sa révérence de ce qui était l’unique référence,
Aujourd’hui nostalgique je me souviens de ton nom,
Un nom qui me dit … LAISSE BETON …

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