Dounia : La mémoire d’une huître

Louis avait fait miroiter à Dounia le bonheur, le renouveau et l’Amour sans frontières, ni limites. Ce fut en réalité, un amour sans couleurs à sens unique. Elle finit par être la bonne à tout faire familiale, essuyant les caprices et les colères d’une mère autoritariste en plus d’être l’objet de tous les fantasmes d’un bourreau pervers. Un homme glacé qui n’avait de rêves à offrir que sa plastique.
La fin de cet épisode amer lui inspira des vers qu’elle se hâta de graver à jamais. Fondant en larme sur son journal intime, son compagnon de toujours. Celui face à qui elle dévoilait tous les recoins de son âme. Lui, la comprenait comme personne, avec ses mots à elle, ses ratures, ses blessures … Dans un élan d’espoir, elle se sentit l’âme d’une huître perlière, une jolie coquille de nacre, pleine. Elle avait lu un jour, qu’elle avait le pouvoir de transformer un éclat intrus, un grain de sable indiscret, en perle précieuse …  

La mémoire d’une huître

Dire « Je T’aime » puis s’en défaire
Se retirer comme les vagues, la mer
Et son écume abondante éphémère
Lavant les doux écrits d’un sable chaud
Les nuits d’un amour aveugle et sot
Et de nouveau s’échouer sur des maux
Déployer sans cesse des tourmentes,
Houleuses traitres et rafales violentes
Des paroles aiguisées et amères,
Brisées, ciblées dans les fonds d’une mère
Une femme jetée sur les écueils d’une vie
Ame innocente déjà meurtrie,
Devenue huître perlière, aguerrie
Priant : « Dieu, Pardon et Merci ! »
Les pics feront perles précieuses utiles
Elles laisseront des traces indélébiles
Sur les sillons d’un cœur déçu, labile
Dans un corps déchu rendu fragile
Ce n’est pas la mer à boire pensait-t-il !
Non, pour lui, ce fut une simple histoire futile
Pour elle, une trêve, la fin d’une douloureuse obéissance
Une triste réalité mais un nouveau cap vers l’espérance …

Elle se répéta, consciente, « Cette fois, je ne reproduirai pas, je ne reproduirai pas … Je me le promets ». Mais tout au fond d’elle-même une petite voie à peine audible lui glissa : « Tu n’as pas de chances, tu es née pour souffrir Dounia ». Elle l’étouffa en raisonnant à voix haute « La chance n’existe pas !» …

7 commentaires sur « Dounia : La mémoire d’une huître »

  1. J’ai enfin trouvé un moment pour lire ton merveilleux texte, l’esprit tranquille. Tu as une plume en or et la subtilité utilisée dans ta manière d’écrire les mots est juste magnifique. Continue, vrmt ! Au plaisir de te lire encore lgtps !

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