Les médias et les flammes de nos cités

La semaine dernière (le 12 janvier), j’ai eu la joie de participer à une table ronde par le biais du médias Rue 89 Lyon et de la Médiathèque de Vaise (Lyon 9), dans le cadre de l’évènement : « Démocratie« .

Le thème était : « Les blogs, une autre manière d’informer sur les quartiers populaires »

N’étant pas journaliste, je me suis exprimée en tant qu’habitante de quartiers populaires et j’ai pu, notamment, donner mon avis au sujet des médias classiques. Très souvent, ils parlent de nos quartiers seulement lorsque ça s’enflamme ou s’effondre. Autrement dit quand c’est spectaculaire …

Pour illustrer mon propos, j’ai évoqué le relogement à la Sauvegarde. Voilà plus d’un an que l’annonce de la démolition de nos 2 bâtiments s’est faite sans que (quasiment) personne n’en parle. Cela n’aurait pas été bien grave si en contrepartie les incendies et les autres faits violents n’étaient pas abondamment relatés.

L’information vis à vis de nos quartiers est très déséquilibrée : quasiment inexistante sauf pour les faits dramatiques. Cette image de violence nous colle inlassablement et se répercute sévèrement sur nos vies. Et quand, par exemple, nous n’arrivons pas à trouver un stage ou un emploi, c’est très souvent lié à cette étiquette laide, effrayante et injuste.

Actuellement en mode poète 🙂 , cette situation m’a inspirée ces quelques vers …


Les Misérables & les flammes


Les misérables des 500
Vivent dans de vieux bâtiments
Ils n’intéressent personne
Ils attendent un déménagement
Quand enfin l’heure sonne
Ils s’en vont sagement
Nettoyant un quartier
De sa misère et sa pauvreté
Dans l’anonymat et l’oubli
Ils quitteront leurs vies
En débarrassant la ville
De la gêne et l’ennui
Ils vivent à la Sauvegarde
Et personne ne les regarde
Mais si l’incendie dégrade
Les feux des médias s’allument
De ces flammes d’amertumes
Les malheureux sont lucides
Et soucieux de ces paroles vides
Aux brûlures vives et morbides
Les cruels et vautours cupides
Aux misérables jamais ne s’abaissent
Sinon pour les enclaver sans cesse

7 commentaires sur « Les médias et les flammes de nos cités »

  1. Les médias ont toujours été les parias dans les cités. Les médias n’aime pas le populaire, elle a l’air d’être pour le peuple, or il est tenu par des lobbys puissants qui rejettent ceux qui est plus bas que leurs situations sociales. La presse,la radio, la télévision et aujourd’hui Internet bouillonnent d’images mêlant images caricaturales ou simpliste de nos banlieues et n’y surgissent que quand l’évènement suscitent l’interet de ceux qui la , regardent. Je me souviens, j’étais petit dans un quartier qui jouxtait le mien, des journalistes de LA CINQ payaient des jeunes pour donner de belles images a voir dégradantes pour nous, de graduelle audience pour la chaine. Ironie du sort, nous sommes restés notre quartier vivants quand à LA CINQ elle a fermé pour … faillite ! et elle fut double : faillite financière mais surtout morale.
    Nul habitant ne supporterait que sa famille soit cloué au pilori des invectives et des humiliations des autres, je veux dire par là que c’est à chacun de nous de veiller à la bonne image de nos quartiers a être les nouveaux médias et promouvoir pour nous-mêmes et pour les autres surtout les richesses qui ruissellent. Non pas pour se justifier auprès de quiconque, mais surtout pour être outil de valorisation et d’échanges pour nos quartiers populaires sur le plan locale, régionale, nationale voir internationale. On n’est jamais mieux servi que par soi-même
    Pour finir, les premiers garants de notre image, ce ne sont pas les médias, mais les habitants de nos cités. Ce blog y aide bien par son initiative et d’autres en France, il faut créer en chacun de nous notre propre agence, l’AGENCE POP QUARTER (l’agence de nos quartiers populaires) pour retranscrire la vie, la vraie d’ici, parce qu’ici, c’est chez nous ! …

    Aimé par 1 personne

    1. Oui nous sommes chez nous et devrions nous sentir bien aussi au delà des limites de nos quartiers. Ton commentaire est très complet. Merci à toi VF ! A plus. Pour l’histoire du colibri. Il voulait éteindre l’incendie de sa foret avec des petites d’eau prise dans son bec. Les autres animaux lui ont demandé ce qu’il faisait. Il a répondu :  » je fais ma part » … J’ai beaucoup aimé cette histoire. J’essaierai de trouver le lien

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