Nos barres, c’étaient nos vies


Bien sûr qu’on s’attache à nos barres ! Même si ce n’est que du béton. Elles contiennent tous nos souvenirs de vie. Toute cette mémoire qui s’écroule en un instant, dans un fracas violent et après une longue agonie.

Nos yeux s’inondent de larmes chaque fois que l’une d’elles s’effondre. Et on reste face à un vide et à un sentiment d’impuissance. On se dit, qu’à jamais c’est fini, que quelque chose de nouveau va remplacer cet endroit qu’on chérissait malgré tout ce qu’on en disait.

Et dans leur dernier souffle, tandis que leur âme de poussière s’élève au ciel, nos inquiétudes se soulèvent et un tas de questions s’amoncellent … Sans réponses. Avec le sentiment que finalement on ne contrôle rien. Que rien ne nous appartient, pas même nos imposantes barres autrefois si fièrement dressées sur la colline aujourd’hui devenue orpheline et témoin de cette histoire qu’elle a vu naître, vieillir et puis mourrir …

 


2 commentaires sur « Nos barres, c’étaient nos vies »

  1. Ces barres, nos vies …

    Une vie à construire, une seconde à détruire, tel est la loi ! La loi est dure mais c’est la loi, le béton représente la loi sur nos villes où sa protection est demandé pour couvrir nos cris de joies ou de peine, nos satisfactions ou déceptions, nos malheurs ou nos réjouissants bonheurs. Hier encore, elle se tenait débout, fière et triomphante de tous les temps, elle ne craignait ni les fortes chaleurs extérieures mais manquait cruellement de chaleur interieur quand chauffage et eau chaude manquait à l’appel quelquefois. Béton échaudé ne craignait pas l’eau froide non plus, le froid glacial des hivers jadis ont rendu ces murs cassants comme un épiderme en berne…

    Une barre vit des barres de rires des enfants, les papas au travail et les femmes à la barre, rares sont les moment qui nous séparent de notre quartier mais les centre villes nous rembarrent et ça plait au politique Raymond BARRE ! …

    Le cœur de pierre est la définition d’une cité comme les nôtres, et pourtant ils abritent des cœurs ouverts et d’or, l’album de famille commencent par un hall qui nous offrent à la vue de ses boîtes les noms qui font la vie de la barre, chacun apportant sa personnalité, son authenticité et aussi sa sensibilité à fleur de soi.

    Le déchirement est à la hauteur d’un homme et d’une femme car cette barre a accueilli des jeunes couples, des bébés, a abrité les fins de vie aussi et toutes les grandes étapes de l’existence d’un individu. Son attachement est aussi légitime que le temps passé à le chérir, à le peindre, à l’habiller de nos papiers peints psychédéliques, humeur de nos envies et de nos époques. Oui une barre c’est une vie qui vit et qui meurt comme nous, nous nous attachons comme un doudou, il est le talisman, le fief, le siège social, l’identité cimenté.

    Le jour d’une destruction d’une tour, je me suis surpris a m’y rendre la veille afin de discuter avec une personne morale a qui on a donné un nom de baptême ou affectif et on se rappela les meilleurs souvenirs, une forme de procession, de cérémonie d’adieu avant le coup fatal de l’armée des ombres. Et effectivement, on pleure … Je n’ai pas perdu mon père ou ma mère, j’ai perdu ma pierre qui posa pied à terre…

    Et après, la vie continue …

    Et pour se rassurer, nous dirons une barre « Mars » et ça repart !!!

    Aimé par 1 personne

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